Quelle régulation internationale pour concilier les intérêts des agriculteurs du monde ?
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12 au 30 mai 2008
Philippe MEURS est président des Jeunes Agriculteurs (JA, syndicat agricole français)
Jeunes Agriculteurs est très impliqué dans les débats qui portent sur les questions de développement agricole au niveau international, en témoigne notre dernier rapport d’orientation adopté en juin 2007 sur le thème « Pour un pacte alimentaire, le défi d’une agriculture durable » (en ligne sur www.jeunes-agriculteurs.fr). C’est donc avec grand plaisir que nous répondons en quelques lignes aux questions que vous nous avez posé.
Pour Jeunes Agriculteurs, la question de la sécurité alimentaire ne pourra être résolue par la seule approche commerciale. C’est pourquoi, nous proposons de créer une Organisation mondiale de l’agriculture qui remet au cœur des débats l’agriculture et les enjeux alimentaires, environnementaux, sociaux et territoriaux.
L’Organisation mondiale de l’agriculture (OMA) aura donc pour objectif de coordonner l’action des institutions internationales et élaborer des règles pour réguler et organiser les échanges agricoles internationaux. L’Organisation mondiale de l’agriculture sera l’instance décisionnelle chargée d’édicter les principes de régulation et d’organisation que devront appliquer les instances internationales. L’OMA s’appuiera pour cela sur les organisations internationales sectorielles existantes et coordonnera leur action.
Le rôle et les missions de ces différentes institutions devront être clairement redéfinis pour mieux prendre en compte les spécificités et le caractère stratégique de l’agriculture, et conduire les négociations internationales sur des bases équitables.
Dans ce cadre, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) aura pour seule mission de contrôler la bonne application des principes de régulation des échanges agricoles mondiaux édictés par l’OMA. L’OMC sera l’arbitre, via l’ORD (Organisme de règlement des différends), chargé de « sanctionner » les Etats qui ne respecteraient pas les normes commerciales mais aussi des critères sociaux, environnementaux, sanitaires et territoriaux reconnus au niveau international. Par exemple, un pays victime de dumping social ou environnemental, sera autorisé soit à :
L’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sera chargée de dresser un état des lieux précis de la situation agricole et alimentaire dans le monde et d’alerter l’OMA sur les risques de crise alimentaire. Elle formulera des recommandations en termes de politiques de sécurité alimentaire.
En fait, JA proposent une nouvelle architecture institutionnelle axée autour de l’OMA et de l’OMC :
Cette nouvelle architecture institutionnelle permettra de mieux articuler les dimensions alimentaires, commerciales, environnementales, sanitaires, sociales et territoriales de l’agriculture. Sur la base des informations transmises par les différentes institutions internationales, l’OMA aura pour objectif de :
Jeunes agriculteurs considère que le droit à l’alimentation et à la souveraineté alimentaire est un droit universel qui doit être reconnu par la communauté internationale. Parce que l’agriculture est un secteur exposé à la volatilité des prix et à l’incertitude, les défaillances du marché rendent indispensables des politiques agricoles.
Pour garantir leur sécurité alimentaire, les Etats doivent pouvoir définir à l’échelon de leur sous-région leurs politiques, et notamment conduire :
A la logique actuelle de démantèlement des politiques agricoles doit se substituer une logique d’organisation de ces dernières. Cette organisation reposera sur les principes suivants :
En Europe, c’est en faisant jouer la préférence communautaire et en organisant les marchés que nous sommes parvenus à la souveraineté alimentaire. Nous devons donc permettre à tous les ensembles régionaux de faire de même. Ils doivent pouvoir organiser leur agriculture pour garantir leur sécurité alimentaire mais aussi le développement durable des ressources.
Télécharger et imprimer l'interview de Philippe MEURS (pdf, 95ko)
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