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« ... vers des agricultures diverses et durables, moteur du développement »
Conférence du 3 juillet 2008 – Parlement de Bruxelles

environnement Quels sont les rôles des organisations professionnelles dans la gestion des marchés (un élément constitutif d'une politique agricole) ?

Cadrage

L'agriculture n'est pas un secteur comme les autres pour diverses raisons : saisonnalité des productions, soumission aux aléas climatiques, besoin vital et demande peu élastique, forte variation de l'offre avec des excédents qui induisent de fortes baisses de prix (effet "king") et des hausses de prix considérables en cas de manque... Aussi, les mécanismes de marché en jeux sont défaillants et génèrent des coûts : l'actualité est là pour le rappeler malheureusement très sévèrement.

C’est pour cela que, depuis la naissance de l'humanité, des États se sont structurés pour assurer la sécurité alimentaire de leurs populations. Depuis 1960, les gouvernements européens ont intégré dans leur politique agricole commune des mécanismes de gestion et régulation des marchés agricoles et de soutiens des prix. Permettre l'accès des agro-industries à des produits agricoles en quantités suffisantes et devenant de moins en moins coûteux pour les consommateurs, tout en tentant d'assurer des revenus aux agriculteurs et en favorisant leurs investissements productifs ont été les axes forts de la PAC européenne. Certaines productions importantes comme les viandes blanches, les légumes et fruits ont cependant plus rarement bénéficié des mécanismes de régulation des marchés et de soutien des prix.

Depuis l'intégration de l'agriculture à l'OMC en fin 1994, ces régulations sont remises en cause et la PAC de l'Union Européenne a évolué dans le sens de l'affaiblissement des mécanismes de régulation des marchés (OCM) et de la mise en place d'aides directes dites découplées (DPU) de moins en moins liées à la production.

Dans le même temps, les attentes et exigences des sociétés vis-à-vis des agricultures et des agriculteurs sont de plus en plus importantes : exigences environnementales et sociales à satisfaire en matière d’alimentation, de traçabilité des produits, de normes sanitaires (plutôt au Nord) ; approvisionnement des marchés locaux à des prix raisonnables pour les consommateurs urbains (au Sud en particulier)... Et toutes ces exigences ont bien sûr un coût important.

Alors que les prix de beaucoup de produits agricoles flambent sur les marchés mondiaux, la question de l'accès à l'alimentation et la question des modèles alimentaires deviennent déterminantes. Certains PVD seront plus affectés que d'autres par ces flambées des prix comme ceux dont les consommateurs urbains consomment majoritairement des denrées importées (par exemple le Sénégal où les céréales traditionnelles sont peu consommées en ville).

Cette situation sans précédent pose au niveau mondial plusieurs séries de questions : quels seront désormais les acteurs et les outils de régulation des marchés agricoles ? Avec quels mécanismes d'intervention sur les prix et les quantités (et qui les définit) pour éviter des fluctuations de prix préjudiciables à tous et encourager les producteurs et la production ? Quels mécanismes de régulation et de contrôle ?

Plus précisément, en ce qui concerne les premiers concernés, c’est-à-dire les Organisations de producteurs et de paysans (OP), quels seront leurs rôles à venir dans la gestion des marchés ? Les réponses seront évidemment multiples selon les contextes. Au Nord et dans certains grands pays agricoles du Sud, les OP, parfois en lien étroit avec leurs États (en France en particulier), ont par le passé joué un rôle fort.

Dans les PVD du Sud, les OP ont connu des évolutions rapides depuis le désengagement des États avec un renforcement de leur structuration et des reconnaissance aux niveaux nationaux (participation des OP à l'élaboration de loi d'orientation dans certains pays) et régionaux (réseau ROPPA en Afrique de l'Ouest), et internationaux. Mais quelles situations à l'avenir ?

Aujourd'hui, nous sommes convaincus que les organisations paysannes ont un rôle déterminant pour contribuer pleinement à la sécurité alimentaire et à la souveraineté alimentaire de leur pays mais des questions se posent, aux niveaux nationaux, mais aussi sous-régionaux et international :

Interviews

Nous avons demandé aux personnes suivantes de contribuer au débat en répondant aux trois questions ci-dessus:

Voici leurs interviews:

Bibliographie

>Pour la régulation et la stabilisation des marchés agricoles (3p, .pdf)
Par Jean-Marc Boussard et Hélène Delorme, Inter-réseaux Développement rural Grain de Sel n°41-42, mai 2008

>Régulation des marchés agricoles au Sénégal : entre arbitrage et gestion concertée (4p, .pdf)
Par G. Duteurtre, I. Wade, A. A. Fall, Inter-réseaux Développement rural Grain de Sel n°41-42, mai 2008

>Remettre les paysans au coeur des politiques agricoles et de recherche-développement
Par Luc Guyau, La Tribune, 05 mai 2008

>Voir des expériences d'OP en matière d'organisation de marchés en Afrique (entre autre, films en ligne)
Site d'Inter-réseaux: http://www.inter-reseaux.org/article.php3?id_article=1078

>Voir des expériences de modes d'organisations interprofessionnelles en Afrique
Site d'Inter-réseaux: http://www.inter-reseaux.org/rubrique.php3?id_rubrique=328

Synthèse

La synthèse de toutes les contributions à la question 5 est disponible. Télécharger la synthèse(pdf, 150ko) : cliquer ici

Avec la participation de :
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