Partenariats Nord-sud : quels sont les enjeux communs ? Quelles nouvelles formes de partenariat entre les acteurs agricoles ?
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12 au 30 mai 2008
Gérard RENOUARD est président de l’AFDI (Agriculteurs Français et Développement International) et vice président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles)
Les agriculteurs du Nord et du Sud ont peu d’intérêts en commun sur le plan agricole mais beaucoup au niveau politique. Les principes défendus pour gérer les échanges commerciaux valent aussi bien au Sud qu’au Nord.
Une organisation intelligente des échanges entre les différents continents et espaces géographiques pour éviter les télescopages de production s’impose. Il est normal d’approvisionner en lait en poudre le marchés sub-sahariens en période de sécheresse, beaucoup moins pas lorsque les vaches sont en pleine production après la période des pluies. Des importations incontrôlées conduiraient avant tout à anéantir la production agricole et l’économie locale.
De la même manière, stabiliser les prix agricoles à un niveau rémunérateur suppose une régulation de l’offre. Depuis quelques mois, le démantèlement et la suppression des outils de régulation pratiqués depuis de nombreuses années conduisent à une grande volatilité des prix aussi bien au Nord qu’au Sud.
Les partenariats historiques ont fait leur preuve et on en connaît leurs limites. Ils reposaient entre autre sur l’assistance et la diffusion des techniques culturales et d’élevage (semences, itinéraires techniques, amélioration génétique des végétaux et des animaux). Avec les nouvelles techniques de communication, le savoir est disponible et accessible partout.
Les nouveaux partenariats à amplifier doivent reposer sur l’organisation des filières pour jouer la complémentarité entre les régions de production par exemple ou encore peser sur les politiques. Ils ne devront pas se limiter au monde agricole. Ils devront se développer aussi entre Etats, entre Etat et profession agricole ou entre Etats et grandes entreprises pour développer les infrastructures, rendre les marchés accessibles, stocker et conserver les productions. Ces partenariats se reposeront financièrement sur l’attribution d’aides accordées par des bailleurs de fonds, des firmes ou des gouvernements...
Ce n’est pas tant les partenariats de Bill Gates qui m’inquiètent hormis qu’il vendra peut être plus d’ordinateurs. Ce qui est à redouter est « l’invasion colonisante » des chinois. Ils conquièrent le monde avec des méthodes redoutables. Par exemple, peu regardants sur le prix des mines de Bauxite, ils cherchent à décrocher des contrats industriels que les Etats des PED financeront avec le produit de la vente des mines. Or ces contrats industriels ne font pas travailler la main d’œuvre locale. Les chinois arrivent avec leur savoir faire et une partie de leur personnel. Ils achètent tout ce qu’ils peuvent au mépris de l’avenir de la société et des équilibres sociaux.
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