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« ... vers des agricultures diverses et durables, moteur du développement »
Conférence du 3 juillet 2008 – Parlement de Bruxelles

environnement Partenariats Nord-sud : quels sont les enjeux communs ? Quelles nouvelles formes de partenariat entre les acteurs agricoles ?

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12 au 30 mai 2008

Interview de Mamy RAJOHANESA

Mamy RAJOHANESA est la présidente de FIFATA (Association pour le Progrès des paysans, Madagascar)

Quels sont les intérêts communs aux agriculteurs du Nord et du Sud?

Il s’agit de faire reconnaître partout la juste place des agriculteurs dans l’économie locale, nationale et internationale. Il faut que chacun admette que les agriculteurs sont une richesse et, apprécie l’importance de leur fonction, commune à tous : nourrir le monde et d’assurer la sécurité alimentaire.

Avoir un juste retour des efforts fournis est aussi un objectif commun à tous les paysans. Ils doivent pour cela pouvoir s’appuyer sur des règles de jeu qui ne les pénalisent pas et pouvoir faire front pour ne pas être écrasés par les grands opérateurs de toutes sortes (banques, industriels et plus récemment les spéculateurs) pas très soucieux des intérêts de l’agriculture familiale durable.

Les agriculteurs du Nord et du Sud mènent aussi le même combat par rapport à des gouvernements pour qu’ils comprennent qu’il ne faut pas en permanence avantager les urbains en ayant recours systématiquement aux importations à bas prix et en leur construisant des infrastructures.

Quelles sont les formes de partenariat qui existent? Est-ce qu'il y a des nouveautés dans les finalités de ces partenariats? Dans les modalités?

Je réponds à la question en me référant à notre expérience. Nous sommes liés à FERT depuis 20 ans, c’est à dire depuis la création de Fifata. Auparavant bénéficiaires, nous sommes dorénavant les acteurs de nos projets. Les formes de partenariat sont diversifiées même si FERT occupe un rôle central. Les agri-agences FERT et Agriterrain, membres d’Agricord (fédérations d’agriagences de 11 pays du Nord) nous conseillent et nous assistent pour réaliser des projets inscrits dans la durée. Au final, les partenariats sont plus équilibrés et plus intéressants car nous pouvons élaborer nos projets en toute liberté

Deux contrats actuellement nous tiennent à cœur. Tout d’abord celui qui vise à améliorer le projet de soutien à un mouvement fédératif dynamique en expansion et le second destiné à mettre en place des structures pilote de formation agricole initiale.

Que pensez-vous de l'intervention des nouveaux acteurs dans la coopération agricole comme par exemple la fondation Bill Gates ou la coopération chinoise?

La fondation Bill Gates s’intéresse aux préoccupations des paysans. Le programme de semences maraîchères que nous conduisons avec World Vegetable Center est en partie financé par la fondation américaine.

Nous sommes favorables à ce type de coopération à condition qu’elle soit menée par des professionnels et que les projets soient construits avec les représentants des agriculteurs.

Il en est tout autrement de la coopération chinoise. Elle ne s’intéresse pas et ne prend pas en compte l’agriculture familiale. Les chinois se concentrent sur l’île de Madagascar sur d’énormes projets agro-industriels auxquels les paysans ne sont pas associés.

Télécharger et imprimer l'interview de Mamy RAJOHANESA (pdf, 87ko)

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