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« ... vers des agricultures diverses et durables, moteur du développement »
Conférence du 3 juillet 2008 – Parlement de Bruxelles

environnement De quelles façons l’agriculture peut elle contribuer à la préservation de l’environnement ?

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22 avril au 9 mai 2008

Interview de Michel GRIFFON

Michel GRIFFON est directeur général adjoint de l’agence nationale de la recherche française et conseiller auprès du directeur général du Cirad pour le développement durable (Cirad –Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement)

Les systèmes de production disponibles pour les Pays du Sud permettent-ils d’accroître la production agricole tout en préservant les ressources naturelles ? En d’autres termes, comment intensifier pour éviter la déforestation ? Quelles sont les voies les plus prometteuses pour les années qui viennent ?

Il est possible de concilier accroissement de la production et respect de l'environnement, en veillant en particulier au renouvellement des ressources naturelles. Depuis longtemps, ce problème s'est posé dans de nombreuses régions de la planète. Par exemple, celles où l'érosion éolienne est importante ou encore, où les sols sont fragiles. Cette question est devenue un problème mondial récurrent depuis le début des années 1990, lorsque l'on a observé, dans les grandes régions productrices, le plafonnement des rendements et les conséquences sur l’environnement des pratiques culturales utilisées : baisse des nappes phréatiques, pollutions dues à l’emploi massif d’engrais et de produits phytosanitaires, salinisation des sols, déforestation …

Tous les experts s’accordent à dire que la réponse à ces problèmes réside dans le développement d’une agriculture qui utilise mieux et plus intensivement les fonctionnalités naturelles des écosystèmes. Les qualificatifs à ce sujet ne manquent pas: agriculture écologiquement intensive, agriculture à haute valeur environnementale, révolution doublement verte, agro-écologie, éco-agriculture, agriculture de conservation...

Les agriculteurs du Sud sont confrontés à la priorité de la sécurité alimentaire. Quelles sont les raisons qui les incitent à modifier leurs systèmes de production pour prendre en compte les effets sur les ressources naturelles ?

Trois raisons incitent les agriculteurs du Sud à modifier leurs systèmes de production. La première est la hausse des prix de l'énergie qui rend le travail du sol et l’emploi des engrais très onéreux. La deuxième raison est le risque de pollution lié à l’utilisation des produits phytosanitaires. Et la troisième est la raréfaction de la ressource en eau employée pour l’irrigation des cultures.

Dans un nouveau contexte de rareté des intrants, le recours à des formules permettant de mieux utiliser les ressources naturelles est une priorité.

L’agriculture durable est un enjeu pour tous les agriculteurs du monde. Y a t il des intérêts communs au Nord et au Sud et des dynamiques convergentes ?

Les nouvelles contraintes écologiques et économiques qui s'exercent sur l'agriculture concernent aussi bien les agricultures du Nord que celles du Sud. Elles devront toutes y faire face malgré les différences de techniques employées, qui tiennent à leur inscription dans l'écologie locale. « Toutes les agricultures du Monde seront en effet nécessaires pour faire face aux besoins des populations à l'échelle mondiale », rappelle, du reste, Edgard Pisani.

Mais il restera à faire en sorte que les règles du jeu international permettent aux agricultures du Sud, encore peu performantes, de ne pas être concurrencées dans leur phase de croissance par les agricultures exportatrices du Nord. C'est un problème d’intérêt général, puisque nous sommes dorénavant dans un système économique mondialisé.

Imprimer l'interview de Michel GRIFFON (pdf, 112ko)

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