bandeau
« ... vers des agricultures diverses et durables, moteur du développement »
Conférence du 3 juillet 2008 – Parlement de Bruxelles

environnement De quelles façons l’agriculture peut elle contribuer à la préservation de l’environnement ?

Synthèse hebdomadaire – semaine du 26 avril au 4 mai

L'agriculture familiale garante de la protection des ressources naturelles

Résumé :
La seconde semaine de débat sur la question environnementale a été d’une part axée autour des rôles positifs et négatifs de l’agriculture pour la préservation de l’environnement. D’autre part, les échanges ont porté sur la pression démographique et la promotion de l’agriculture familiale, seul modèle susceptible de préserver les ressources naturelles tout en assurant l’approvisionnement alimentaire.

Des rôles positifs et négatifs de l’agriculture pour la préservation de l’environnement
La seconde semaine de débats sur la question environnementale a été tout d’abord axée autour de l’intervention de Seghir CHIG, agronome au Maroc. Ce dernier affirme d’une part que, oui, l’agriculture peut contribuer à la préservation de l’environnement « dans le sens où des programmes de plantations au niveau des zones fragiles permettent d'atténuer les effets de l'érosion et de la désertification.» Ce avec quoi Jean DE BOISSON, ancien directeur de l’ITCF est d’accord, tout comme Jules DIFUAYAME ZIMI. Ce dernier ajoute que même si « l'augmentation de la production agricole tout comme la baisse ont un impact sur l'environnement », il est assez facile de prendre en compte cette question par « l’éducation environnementale de la population » et en « menant des études d'impacts environnementaux » pour chacun des projets mis en œuvre.

Mais Seghir CHIG avance d’autre part que l’agriculture fait aussi du mal à l’environnement par:

Cependant, en comparaison avec les autres secteurs (industrie, transport,...) le risque de l'agriculture reste modéré.
Jean DE BOISSON, émet des réserves quant à ces arguments en rappelant que l’enfouissement, l’engrais vert et certains assolements permettent l'établissement d'une couche d'humus. Il précise aussi que la dégradation des forêts par l’extension des terres agricoles est essentiellement due aux pâturages non contrôlés en particulier, de caprins.

Comment concilier la protection de l’environnement, l’équilibre alimentaire et la pression démographique ?
Cette semaine, la question de la conciliation entre nécessaire augmentation de la production et protection de l’environnement est de nouveau posée.Tout d’abord, puisque «sans agriculture la population mondiale ne peut plus survivre », comme rappelle Seghir CHIG, il faut bien trouver un moyen de gérer les impacts négatifs de l’agriculture. Selon, Jules DIFUAYAME ZIMI, envisager de réduire la production agricole pour mieux protéger l’environnement serait « suicidaire face aux nombreuses bouches à nourrir ». « La population risquerait de développer des pratiques non durables qui pèseront sur les écosystèmes et qui porteront atteinte à la conservation de la diversité biologique ».

La question de la pression démographique est soulevée par Christophe M NYAKU et reprise par Gérard DUPIN. Ils défendent brièvement l’idée que le succès des programmes en faveur de la protection de l’environnement est lié en partie à la baisse de la pression démographique et donc aux politiques familiales nationales.

René MOONENS aborde la question de la « sécurité alimentaire », terme qu’il définit et lie à la question de la démographie. Selon le CRDD, « seule, cette sécurité d’approvisionnement alimentaire est en mesure d’accroître, dans les pays du Sud, le bien-être des populations et de permettre leur accès à une certaine « consommation ». Cette évolution pourrait alors constituer les prémices d’une stabilisation de la natalité et faire évoluer la démographie mondiale dans des proportions moindres. »Il affirme que la priorité politique devrait être donnée à la sécurité alimentaire. Dans ce sens, il critique fortement les politiques agricoles tournées vers l’exportation. Celles-ci conduisent à l’utilisation des meilleures terres arables pour la production intensive de cultures d’exportation au détriment des cultures vivrières, en dépit d’impacts négatifs sur l’environnement. « Les systèmes de production agricole intensive orientés vers l’exportation de denrées alimentaires, ne permettent donc pas, actuellement, d’accroître la production agricole tout en préservant les ressources naturelles. »

La protection de l’environnement: un projet de société mondial
Même si les agriculteurs du Sud sont confrontés à la priorité de la sécurité alimentaire, il existe des solutions pour les inciter à modifier leurs systèmes de production pour prendre en compte les effets sur les ressources naturelles. Les mettre au centre de l’approvisionnement alimentaire national est un des moyens présentés par René MOONENS. Ce dernier fait en plus la promotion d'une « agriculture paysanne durable » qui constitue les fondements du programme du CRDD ( http://www.crdd.be ;) avec des recommandations précises. Il ressort que le développement de l’agriculture paysanne est un enjeu mondial. Elle se développera « au début selon des dynamiques différentes, dans les pays du Nord avec des moyens mécaniques importants, dans les pays du Sud avec des bras multiples. Mais ces dynamiques développées dans des Ecorégions, pourraient converger par la suite sans pour autant devenir concurrentes ».

Questions en suspens
L’agriculture familiale est-elle vraiment le seul type d’agriculture qui peut contribuer à la préservation de l’environnement tout en permettant l’augmentation de la production ?-Des solutions techniques existent, certaines ont été citées (agriculture biologique, durable, raisonnée etc) Comment s’y retrouver ? Yen a-t-il d’autres ? Quelles sont leurs limites face au succès des techniques d’augmentation de la production issues de la révolution verte ?-Comment inciter les producteurs à les adopter ?

logoMAP_2.jpg,  6 kB  logoMAEE_2.jpg, 6 kB  logoAFD_2.jpg,  6 kB  logoFARM_2.jpg, 6 kB