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« ... vers des agricultures diverses et durables, moteur du développement »
Conférence du 3 juillet 2008 – Parlement de Bruxelles

agriculture familialeLes agricultures familiales peuvent elles offrir un emploi aux jeunes actifs ruraux ?

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22 avril au 9 mai 2008

Interview de Valda BRATKA

Valda BRATKA est docteur en économie à l'Institut national de l’économie agraire de Lettonie.

En tirant les leçons du passé, l’augmentation de la productivité en agriculture est elle incompatible avec le maintien d’un réseau dense d’exploitations familiales qui contribuerait par leurs activités à stabiliser l’emploi des jeunes actifs en zone rurale ?

Affirmer que l’intensification et la modernisation de l’agriculture conduisent à la réduction du nombre d’actifs agricoles est faux. L’introduction de nouvelles technologies et la modernisation du processus de production nécessite entre autre l’achat de nouvelles technologies et des animaux domestiques plus productifs, ce qui accroît à travers les emplois générés dans le secteur para agricole, une augmentation des actifs agricoles.

En revanche, la modernisation des exploitations et l’augmentation de la productivité libèrent une partie de la main d’œuvre agricole. Sans alternative en matière d’emploi, celle ci migre alors vers les villes ou vers d’autres pays où les opportunités de trouver un travail et/ou une rémunération plus élevée sont importantes.

L’expérience a montré que maintenir artificiellement des petites exploitations agricoles familiales peu productives n’est pas une bonne solution pour éviter les flux de migratoires. La plupart des exploitations agricoles familiales seraient en effet beaucoup trop vulnérables pour faire face à un retour inévitable de la concurrence et seraient alors condamnées à la faillite.

A quelles conditions une activité agricole exigeante en main d’œuvre est-elle compatible avec l’amélioration des conditions de vie et de revenus des jeunes actifs ruraux et de leur famille?

Des marchés stables et rémunérateurs sont essentiels au maintien de jeunes actifs en zone rurale. C’est à cette condition que les rémunérations offertes seront attractives.

Des infrastructures de qualité (routes) et le maintien des services publics (écoles, services médicaux, vie culturelle) sont aussi nécessaires pour rendre la vie en zone rurale attrayante. Sinon, leur désertification est inévitable.

La pluriactivité n’offrirait elle pas un cadre pour maintenir un tissu rural dynamique et attractif pour permettre à des actifs ruraux d’élaborer des projets de vie ?

Les petites exploitations familiales ne peuvent survivre qu’en développant des activités spécifiques à forte valeur ajoutée: production biologique, tourisme rural. La richesse de la Lettonie, c’est son environnement : ses eaux pures et abondantes, de belles forêts, une densité de population faible. C’est un cadre de vie idéal pour offrir une multitude de prestations de services de qualité et accroître ainsi les revenus des paysans.

Répartir les soutiens publics versés par l’Union européenne en fonction des services rendus par les agriculteurs pour protéger l’environnement contribuerait aussi à augmenter les revenus des petites exploitations familiales et à retenir la population active en zone rurale. A condition cependant que la population soit prête à ce que ces services soient rémunérés.

Dans le contexte de prix actuel, le découplage des aides, qui repose sur des références historiques, accroît les disparités de revenus entre les exploitations des anciens et les nouveaux membres de l’Union européenne. Les critères d’attribution des aides ne prennent pas suffisamment en compte la main d’œuvre disponible dans les exploitations.

Imprimer l'interview de Valda BRATKA (pdf, 112ko)

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