Quelles sont les chances des productions locales dans un contexte caractérisé par les marchés mondiaux porteurs ?
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22 avril au 9 mai 2008
Ndiougou FALL est président du ROPPA (Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l’Afrique).
Mais les prix élevés des produits agricoles traduit surtout un phénomène de rattrapage. Il compense leur faiblesse durant les années 2000-2005. Ils avaient alors été maintenus dans les pays développés à des niveaux bas, souvent en dessous de leur coût de production. Et pour couvrir le différentiel de prix, des subventions aussi absurdes qu’insoutenables ont été accordées aux agriculteurs de ces pays. La concurrence du Nord envers les pays du sud était alors déloyale.
Le niveau actuel des prix agricoles constitue une opportunité pour permettre à l’agriculture des pays du Sud de se refaire une santé.
Les conditions à remplir pour que les paysans augmentent leurs productions sont :
Penser que la hausse actuelle des prix peut justifier le renforcement des politiques libérales avec des tarifs bas comme c’est le cas au sein de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) serait la pire des erreurs.
Les politiques à promouvoir doivent assurer l’équilibre entre l’économique et le social, entre les consommateurs et les producteurs, entre les intérêts des villes et ceux des campagnes. Ces aspects pris deux par deux ne sont pas inconciliables bien que les politiques libérales conduites en Afrique ont pu le laisser penser.
Mais pour que cet équilibre se réalise, la fonction de l’Etat doit être restaurée. La réintroduction des instruments de gestion de l’offre démantelés pendant les ajustements structurels prend toute son importance. Il en est de même des politiques sociales qu’il serait nécessaire de conduire pour protéger les populations des villes et des campagnes les plus vulnérables en période de crise.
Imprimer l'interview de Ndiogou FALL (pdf, 112ko)
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